POURQUOI SOMMES NOUS-SOUMIS ?
Pourquoi acceptons-nous, pourquoi sommes-nous soumis ? Nous nous soumettons à l'autorité d'un autre, à l'expérience d'un autre, pour en douter ensuite. Cette quête de l'autorité et ses conséquences < la désillusion > sont un processus douloureux pour la plupart d'entre nous. Nous critiquons, nous blâmons ce que nous acceptions naguère, l'autorité, le chef, le maître, mais nous ne faisons pas l'examen critique de notre propre soif d'une autorité susceptible de diriger notre conduite. Dès que nous comprendrons cette soif, nous saisirons pleinement la signification du doute. Si nous parvenons à comprendre la force secrète qui sous-tend notre désir de domination ou de soumission, alors peut-être serons-nous libérés des éffets mutilateurs de l'autorité. Nous sommes rongés par le désir d'avoir des certitudes, d'avoir raison, d'atteindre le succès, de savoir ; et cette soif de certitude, de permanence, assoit peu à peu en nous mêmes l'autorité de notre propre expérience, cependant qu'à l'extérieur cette même soif engendre l'autorité de la société, de la famille, de la réligion, etc. Mais ignorer simplement l'autorité et se débarrasser des symboles extérieurs n'a guère de sens. Rompre avec une tradition et se conformer à une autre ; abandonner un maître et en suivre un autre : tout cela n'est que gestes superficiels. Si nous voulons être conscients de tout le procéssus de l'autorité ; si nous voulons voir touts les implications d'ordre intérieur ; si nous voulons dépasser la soif de la certitude < nous devons mettre en jeu une perception élargie >, une lucidité pénétrante, nous devons alors être libres, pas aux derniers instants, mais dès le début. Ainsi pour comprendre les innombrables problèmes auxquels est confronté chacun d'entre nous, n'est-il pas éssentiel de se connaître soi-même ? Mais pour connaître ses propres réactions, ses propres réflexes, il faut faire preuve d'une vigilance d'esprit, d'une acuité de perception hors du commun.