Votre Dieu n'est pas Dieu

Votre Dieu n'est pas Dieu
Celui qui croit en Dieu ne pourra jamais le rencontrer. Si vous êtes ouvert à la réalité, il faut exclure toute croyance. Si vous êtes ouvert à l'inconnu, il est hors de question d'y croire. La croyance, en dernière analyse, est une forme d'auto-protection, et seul un petit esprit peut croire en dieu. Regardez comment croyaient les aviateurs pendant la guerre : ils disaient que dieu était à leurs côtés, alors même qu'ils lâchaient leurs bombes ! Vous croyez en dieu, alors même que vous tuez, que vous exploitez autrui. Vous vénérez dieu, et vous continuez, sans le moindre scrupule, à extorquer de l'argent, à soutenir l'armée, et à prendre plaisir à nuire, tout en disant croire en la mansuétude, de la compassion, la bonté... Tant qu'existent les croyances, l'inconnu ne peut jamais être, votre pensée ne peut ni le concevoir ni le mesurer. L'esprit est le produit du passé, le résultat d'hier, pareil esprit peut-il être ouvert à l'inconnu ? Il ne peut que projeter une image, mais cette image n'est pas réelle, donc votre dieu n'est pas dieu, c'est une image de votre fabrication, un réflet de votre propre satisfaction. La réalité ne peut être que lorsque l'esprit comprend l'ensemble du processus dont il est fait, et cesse d'exister. C'est lorsque l'esprit est complètement vide, et alors seulement, il est capable de recevoir l'inconnu. L'esprit n'est pas assaini tant qu'il ne comprend pas le contenu de toute relation, sa relation à la propriété, sa relation aux autres, tant qu'il n'a pas établi de relation juste avec toute chose. Tant qu'il ne comprendra pas dans son intégralité le processus de conflit inhérent à toute relation, l'esprit ne peut être libre. Ce n'est que lorsque l'esprit est parfaitement immobile et silencieux, totalement inactif, qu'il ne projecte rien, ne cherche rien, et qu'il est absolument silencieux, ce n'est qu'alors que survient cette chose éternelle, cette chose hors du temps
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# Posté le lundi 28 janvier 2008 08:31

La jalousie

La jalousie
L'amour et la haine ne peuvent-ils pas coexister ? La jalousie n'est-elle pas une preuve d'amour ? Nous nous tenons par la main, et la minute d'après nous nous querellons, nous disons des choses blessantes, mais ensuite nous nous étreignons. Nous nous chamaillons, puis nous nous embrassons et nous sommes reconciliés. Tout cela n'est-il pas l'amour ? L'expression même de la jalousie est une preuve d'amour, ils semblent inséparables, comme la lumière et l'ombre. La flambée de colère et la caresse, n'est-ce pas là la plénitude de l'amour ? La rivière est tour à tour turbulente et calme, elle coule dans l'ombre des arbres et en pleine lumière, et c'est tout cela la beauté de la rivière.
Qu'est donc ce que nous appelons l'amour ? C'est tout cet édifice de jalousie, de désir, de paroles blessantes, de caresses, de mains dans la main, de querelles, de grimaces. Ce sont là les faits de ce soi-disant amour. la colère et les caresses sont des évènements quotidiens de ce domaine n'est-ce pas ? Et nous éssayons d'établir un rapport entre ces divers évènements, ou bien nous comparons un fait à un autre. Un fait nous sert à condamner ou justifier un autre dans ce même domaine, ou bien nous éssayons d'établir un rapport entre un fait dans ce domaine et quelque chose qui lui est extérieur. Nous ne prenons pas chaque fait séparément, mais nous éssayons de trouver une relation entre eux. Pourquoi faisons-nous cela ? Nous ne pouvons comprendre un fait que lorsque nous ne nous servons pas d'un autre fait de même ordre comme moyen de compréhension, qui ne peut que provoquer le conflit et la confusion. Mais pourquoi comparons-nous les divers faits d'un même domaine ? Pourquoi faisons-nous déborder la signification d'un fait pour en expliquer un autre ? La mémoire compare, modifie, condamne, justifie, ou identifie, mais elle ne peut pas faire naître la compréhension. Nous abordons les faits dans le domaine de ce que nous appelons l'amour avec l'idée, avec la consclusion. Nous ne prenons pas le fait de la jalousie tel qu'ilest pour l'observer en silence, nous voulons déformer les faits afin de les faire entrer dans le système préconçu, et pour les faire coîncider avec la conclusion, et nous abordons le fait de cette manière parce qu'en réalité nous ne désirons pas comprendre le phénomène de la jalousie. Les sensations de la jalousie sont aussi stimulantes qu'une caresse, mais nous voulons la stimulation sans la douleur et le malaise qui vont invariablement avec elle. C'est pourquoi il y a conflit, confusion et antagonisme dans ce domaine que nous appelons l'amour. Mais est-ce l'amour ? L'amour est-il une idée, une sensation, une stimulation ? L'amour est-il la jalousie ?
La réalité n'est-elle pas contenue dans l'illusion ? L'ombre n'entoure-t-elle pas ou ne cache-t-elle pas la lumière ? Dieu n'est-il pas captif ?
Ce ne sont là que des idées, des opinions, et cela n'a aucune valeur. De telles idées ne provoquent que la discussion, hostilité, elles n'ont aucun rapport avec la réalité. Là où il y a la lumière, il n'y a pas l'ombre. L'ombre ne peut pas dissimuler la lumière, sinon il n'y a pas de lumière. Là ou il y a la jalousie, il n'y a pas l'amour. L'amour n'a aucun rapport avec une idée, aussi l'idée ne peut-elle pas communiquer avec l'amour. L'amour est une flamme sans fumée.
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# Posté le mardi 15 janvier 2008 11:17

Modifié le mercredi 16 janvier 2008 06:44

L'obsession

L'obsession
Pourquoi luttons-nous contre ce qui "est" ? La maison que j'habite peut être bruyante, sale, le mobilier peut être affreux et toutes les choses peuvent me paraître terriblement laides, mais pour diverses raison je dois vivre ici, je ne veux pas aller dans une autre maison. Ce n'est pas alors une question d'acceptation, mais de voir un fait évident. Si je ne vois pas ce qui est, je me rendrai malade à cause de ce vase, de cette chaise ou de ce tableau, mais ils deviendront mes obsessions, et il y' aura du mécontentement contre les gens, contre mon travail, et ainsi de suite. Si je pouvais tout laisser et repartir d'un autre pied, ce serait différent, mais je ne peux pas. Il ne sert à rien de me révolter contre ce qui est, contre le réel. La reconnaissance de ce qui est ne conduit pas à la satisfaction béate et au bonheur. Lorsque j'accepte ce qui est, il n'y a pas seulement compréhension de cela, mais il vient aussi une certaine tranquilité à la surface de l'esprit. Si l'esprit n'est pas calme en surface, il se livre à toutes les obsessions, réelles ou imaginaires, il se laisse entraîner dans un système de réforme sociale ou à quelque impasse religieuse, maître, le sauveur, le rituel, et ainsi de suite. Ce n'est que lorsque la surface de l'esprit est en repos que le caché peut se révéler. Le caché doit être exposé au grand jour, mais cela n'est pas possible si la surface de l'esprit est accablée par des obsessions, des soucis. Comme la surface de l'esprit est constamment agitée, le conflit est inévitable entre les couches supérieures et les couches profondes de l'esprit, et tant que ce conflit n'est pas résolu, les obsessions se font de plus en plus fortes. En fait, les obsessions sont un moyen d'échapper à nos conflits. Toutes les évasions se ressemblent, bien qu'il soit évident que certaines d'entre elles sont socialement plus dangeureuses.
Lorsque l'on a pris conscience de tout le processus de l'obsession ou de tout autre problème, alors seulement on est libéré du problème. Pour qu'il y ait cette conscience ouverte, cette lucidité, il faut qu'il n"y ait ni condamnation ni justification du problème, la lucidité doit être sans choix. Pour avoir cette conscience, cette lucidité, il faut une immense patience et une profonde sensibilité, il faut une attention qui ne se relâche pas afin que tout le processus de la pensée puisse être observé et compris.
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# Posté le mardi 15 janvier 2008 10:10

Modifié le mardi 15 janvier 2008 10:21

La respectabilité

La respectabilité
La respectabilité est une malédiction ; c'est un mal qui ronge l'esprit et le coeur. il s'insinue à l'intérieur d'un homme à son insu et il détuit l'amour. Etre respectable, c'est avoir le sentiment que l'on a réussi, c'est se creuser un trou dans le monde, c'est bâtir autour de soi un mur de certitudes, de cette assurance que donnent l'argent, la puissance, le succès, le talent ou la vertu. Cette assurance du moi engendre la haine et l'antagonisme dans les relations humaines qui fondent la société. Les gens respectables sont toujours la crème de la société, aussi sont-ils toujours la cause des conflits et de la misère. Les gens respectables, tout comme les déshérités, sont toujours à la merci des circonstances ; les influences du milieu et le poids des traditions sont pour eux de la plus grande importance, car c'est ce qui leur permet de cacher leur pauvreté intérieure. Les gens respectables sont sur la défensive, ils ont peur et ils sont toujours prêts à soupçonner. Ils ont la peur au coeur, et ils s'en déchargent par la colère. Leur vertu et leur piété leur servent de rempart. Ils sont comme des tambours, vides, ils font cependant beaucoup de bruits quand on tape dessus. Les gens respectables ne sont jamais ouverts à la réalité, car, tout comme les déshérités, ils sont préoccupés uniquement de s'affirmer davantage. Le bonheur leur est refusé, car ils passent à côté de la vérité.
Ne pas être cupide et ne pas être généreux, ce sont là deux formes négatives de suffisance, de l'importance que se donne le moi. La cupidité implique l'activité, l'agressivité, pour posséder il faut lutter, il faut jeter toutes ses forces dans la bataille. Si vous n'êtes pas agressif, vous n'êtes pas pour autant libéré de l'avidité, vous êtes simplement replié sur vous-même. Lutter est douloureux, aussi pusillanime se prétend-il sans ambition. Avoir la main généreuse est une chose, autre est d'être généreux par le coeur. Lgénérosité de la main est une affaire toue simple, qui depend du niveau culturel et ainsi de suite, mais la générosité du coeur a une signification infiniment plus profonde et elle réclame une conscience et une compréhension très vaste. Ne pas être généreux donne au moi de grandes satisfactions et lui permet de rester enfermer dans son univers aveugle. Dans cet univers confiné, le moi n'est pas inactif, mais ses actes sont du domaine du rêve, et rien ne pourra l'en éveiller. Il est très douloureux de s'éveiller, c'est pour ça que la plupart préfèrent la solitude de leur rêve pour devenir repsectables, pour mourir.
Comme la générosité du coeur, la générosité de la main est un mouvement vers l'extérieur, mais il est souvent douloureux, décevant et révélateur du moi. La générosité du coeur n'est pas une chose que l'on peut cultiver : elle est la négation de tout esprit d'accumulation. Pour pardonner, il faut qu'il y ait blessure, et pour être blessé, il faut qu'il y ait eu un faisceau d'affirmations de l'orgeuil. Il ne peut y avoir générosité du coeur tant que l'esprit se refère à des notions qui appartiennent au souvenir, au passé, telles que "ce que je suis" et "ce qui est à moi"
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# Posté le mardi 15 janvier 2008 06:08

Modifié le mardi 15 janvier 2008 09:13

La croyance

La croyance
Avec quelle facilité nous detruisons la fragile sensibilité de notre être! Les luttes incessantes, les fuites et les craintes angoissées, engourdissent vite l'esprit et le coeur. Et l'esprit, qui n'est jamais à court d'expédients, a tôt fait de remplacer la sensibilité de la vie. Les distractions, la famille, les croyances et les dieux remplacent la clarté et l'amour. La clarté est perdue par les connaissances et les croyances, et l'amour par les sensations. La croyance mène-t-elle à la clarté ? Les murs étroits de la croyance peuvent-ils faire naître la compréhension ? A quoi servent les croyances, et n'obscurcissent-elles pas l'esprit déjà bien encombré ? La compréhension de ce qui "est" ne réclame pas de croyances, mais une percepetion directe, dans une conscience ouverte et sans que le moindre désir ne vienne s'interposer devant sa vision. C'est le désir qui engendre la confusion, et la croyance est un prolongement du désir. Les voies du désir sont subtiles et, faute de les comprendre, la croyance ne fait qu'accroître les conflits, la confusion et les antagonismes. L a foi est un autre nom de la croyance, et la foi est aussi le refuge du désir.
Nous adoptons des croyances comme moyens d'action. La croyance nous donne cette force particulière qui vient de l'exclusion, du refus et comme nous sommes presque tous préoccupés de faire quelque chose, la croyance devient une nécéssité. Nous avons le sentiment que nous ne pouvons agir sans une croyance, parce que c'est la croyance qui donne des raisons de vivre, qui donne un sens à notre travail. Pour la plupart d'entre nous, la vie n'a d'autre sens que celui que nous donne la croyance ; la croyance a une plus grande signification que la vie. Nous pensons que la vie doit être vécue en conformité avec la croyance, car si l'on ne se conforme pas à quelque chose, comment peut-il avoir action ? Aussi notre action est-elle fondée sur l'idée, ou elle résulte d'une idée, et ainsi l'idée prend plus d'importance que l'action.
L'idée peut engendrer une certaine série d'actions, mais ce n'est là rien de plus que de l'activité, et l'activité est entièrement différente de l'action. c'est dans cette activité que l'on est pris et lorsque pour une raison ou pour une autre, l'activité cesse, alors on se sent perdu, et la vie n'a plus de sens, elle devient vide. Nous sentons ce vide consciemment ou inconsciemment, c'est pour cela que l'idée et l'activité prennent une importance capitale. Nous comblons ce vide avec la croyance, et l'activité nous devient aussi nécéssaire qu'un stupéfiant. pour préserver cette activité nous sommes prêts à renoncer, à nous soumettre à tous les tracas, à toutes les illusions. L'activité issue de la croyance entraîne la confusion et la destruction, elle peut d'abord sembler ordonnée et constructive, mais par la suite il y a conflit et misère. Toute croyance, religieuse ou politique, empêche la compréhension des relations humaines, et il ne peut y avoir aucune action sans cette compréhension.
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# Posté le mardi 15 janvier 2008 05:17

Modifié le mercredi 16 janvier 2008 07:28