La vérité est ancrée nulle part

La vérité est ancrée nulle part
La vérité est un fait, et le fait ne peut être compris qu'une fois levés tous les obstacles qui se dressent entre l'esprit et le fait. Le fait, c'est la relation qui vous unit à vos biens, à votre femme, aux êtres humains, à la nature, aux idées ; et tant que vous ne comprenez pas le fait de votre relation, votre quête de dieu ne fait qu'accroître la confusion car elle n'est qu'un ersatz de vérité, une évasion, et n'a donc pas le moindre sens. Tant que vous dominerez votre femme ou qu'elle vous dominera, tant que vous posséderez et serez possédé, vous ne pourrez pas connaître l'amour, et tant que vous serez ambitieux, la vérité vous échappera.
Seul connaîtra la vérité celui qui ne cherche pas, ne fait pas d'éfforts, ne cherche pas de résultat. La vérité n'a pas d'ancrage fixe, elle est élusive et non permanente, on la voit que d'instant en instant. Elle est toujours nouvelle, et donc intemporelle. Ce qui était vérité hier ne l'est plus aujourd'hui, ce qui est vérité aujourd'hui ne le sera plus demain. La vérité n'a aucune continuité. c'est l'esprit qui veut à tout prix donner une continuité à l'expérience qui baptise du nom de vérité, mais jamais un tel esprit ne le connaîtra. La vérité est toujours neuve : la vérité, c'est voir le même sourire comme un sourire neuf, voir les palmiers qui se balancent , voir la vie comme pour la première fois.
La vérité n'a pas de chemin, et il n'existe pas deux vérités. La vérité n'appartient ni au passé, ni au présent, elle est hors du temps, et celui qui cite la vérité de bouddha, de allah, ou du christ, ou qui ne fait que répéter ce que je dis, ne trouvera pas la vérité, car la répétition n'est pas la vérité. La répétition n'est que mensonge. La vérité est un état, un mode d'être qui survient lorsque l'esprit qui cherche à diviser, qui se veut exclusif, qui ne peut penser qu'en termes de résultats, de réussite cesse d'exister. Alors seulement sera la vérité. L'esprit qui fait des éfforts, qui se discipline afin de toucher au but ne pourra jamais connaître la vérité, parce que la fin recherchée est sa propre projection, si noble soit-elle, est une forme de vénération de soi. Cet être-là se vénère, c'est pourquoi il lui est impossible de connaître la vérité. On ne peut comprendre la vérité que lorsqu'on a compris l'ensemble des mécanismes de l'esprit, c'est à dire quand cesse tout éffort
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# Posté le dimanche 16 décembre 2007 12:38

La solitude n'est pas l'isolement

La solitude  n'est pas l'isolement
Bien que nous soyons tous des êtres humains, nous avons érigé entre nous et nos voisins des murailles qui ont pour nom le nationalisme, les distinctions de race, de caste et de classe, et qui sont autant de sources d'isolement, de solitude.
Or l'esprit qui est figé dans la solitude, dans cet état d'isolement, ne pourra jamais comprendre ce qu'est la religion. Certes il peut croire, il peut avoir certaines théories, certains concepts ou formules, il peut éssayer de s'identifier avec ce qu'il nomme dieu ; mais il me semble que la religion n'a absolument rien à voir avec les croyances, les prêtes, les églises, les livres prétendumment sacrés. L'état de cet état esprit religieux ne peut être compris que lorsque nous commençons à saisir ce qu'est la beauté, et l'approche de cette compréhension de la beauté ne peut que se faire dans la solitude totale. Ce n'est que lorsque l'esprit est complètement seul et dans nul autre état qu'il peut savoir ce qu'est la beauté. La solitude n'est évidemment pas l'isolement, et ce n'est pas non plus l'unicité. etre unique n'est rien d'autre en un sens, que d'être exceptionnel, alors qu'être complètement seul demande une sensibilité, une intélligence, une compréhension hors du commun. Etre complètement seul suppose que l'esprit soit libre de toute espèce d'influence, et ne soit donc pas contaminé par la société ; et il faut que l'esprit soit seul pour pouvoir comprendre ce qu'est la religion qui consiste à trouver par ses propres moyens s'il existe une chose qui soit immortelle au-delà du temps.
Je ne sais pas si vous avez déjà été seul, vous réalisez soudain que vous n'êtes plus en relation avec personne, qu'il ne s'agit pas de constat intellectuel, mais de la constatation d'un fait réel et vous êtes complètement isolé. Toute forme de pensée, d'émotion, est bloquée vous n'avez nulle part où aller, personne vers qui vous tourner, les dieux, les anges, ont tous fui par-delà des nuages et comme les nuages se sont évanouis. vous avez un sentiment d'isolement total. Je n'emploierai pas le mot solitude. La solitude a une tout autre saveur : il ya de la beauté à être seul. Etre seul à un tout autre sens, et il faut être seul. Quand l'homme se libère de l'expression sociale de son envie, de son ambition, de son arrogance, de sa réussite, de son statut, quand il se libère de tout cela, c'est alors qu'il est complètement seul. Et c'est tout autre chose. Alors est une immense beauté, alors est la sensation d'une immense énergie.
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# Posté le samedi 15 décembre 2007 13:13

Modifié le lundi 24 décembre 2007 12:33

Etre en relation

Etre en relation
Sans relation point d'existence : être, c'est être relié. Il me semble qu'en général nous ne comprenons pas que le monde, c'est ma relation à l'autre, que l'autre soit un ou multiple. Mon problème est celui de la relation. Ce que je suis, je le projette et, bien sûr si je ne me comprends pas moi-même, tout mon cercle relationnel n'est qu'un cercle de confusion qui va s'élargissant. La relation prend donc une extrême importance non les rapports qui touchent les soi-disant masses, la foule, mais ceux qui se nouent dans le cercle familial et amical, si petit soit-il, ma relation avec ma femme, mes enfants, mon voisin. Dans un univers ou pullulent de vastes organisations, de vastes mobilisations de foules et des mouvements de masses, nous cous craignons d'agir à une échelle réduite, nous avons peur d'être des nains défrichant leur minuscule parcelle de terrain. Nous nous disons : Que puis-je faire à titre personnel ? Je dois absolument m'enrôler dans un mouvement de masse afin de faire des réformes. Au contraire, la vraie révolution ne se fait pas par l'intermédiaire des mouvements de masse mais grâce à une révolution interne de nos relations, c'est uniquement là qu'est la vraie relation, la révolution radicale et permanente. Nous avons peur de commencer à niveau modeste. Le problème étant tellement vaste, nous croyons ne pouvoir l'affronter qu'avec d'immenses groupes, de grandes organisations, des mouvements de masse. Or il ne fait aucun doute que nous devons attaquer le problème au niveau le plus élémentaire, et le niveau élémentaire c'est le "vous" et le"moi". Lorsque je me comprends, je vous comprends, et de cette compréhension naît l'amour. L'amour est le facteur manquant : nos relation manquent d'affections, de chaleur humaine, et parce que cet amour, cette tendresse, cette générosité, cette compassion sont absents de nos relations, nous fuyons dans l'action de masse, avec pour résultat toujours plus de confusion et de détresse. Nous avons le coeur rempli de plans, de réformes mondiales, au lieu de nous tourner vers l'unique élément de solution, l'amour.
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# Posté le vendredi 14 décembre 2007 08:01

Modifié le vendredi 14 décembre 2007 12:20

Le bien est sans motif

Le bien est sans motif
Si pour être bon, il me faut un motif, cela engendre-t-il le bien ? Ou le bien est-il une chose totalement dénuée de ce désir d'être bon, qui est toujours fondé sur un motif ? Le bien est-il le contraire de ce qui est mauvais, l'opposé du mal ? N'est-il pas vrai que tout contraire porte en lui-même le germe de son propre contraire ? Il y a d'une part l'avidité et de l'autre l'idéal opposé, la non-avidité. Lorsque l'esprit est à la poursuite de cet idéal, et s'éfforce de ne pas être avide, il l'est cependant, puisqu'il a envie de quelque chose. l'avidité implique le désir, la volonté d'acquisition, d'expansion, et quand l'esprit s'aperçoit de l'avidité ne paie pas, il veut cesser d'être avide, donc le motif est toujours le même, à savoir être ou acquérir quelque chose. Quand l'esprit cherche à ne pas désirer, la racine du désir, du besoin, est toujours là. Le bien n'est donc pas l'opposé du mal, c'est un état totalement autre. Et quel est cet état ?
De toute évidence, le bien est sans motif, parce que tout motif est fondé sur l'égo : c'est le mouvement égocentrique de l'esprit. Alors, qu'entendons-nous donc par le bien ? Il ne fait aucun doute que le bien n'est présent que lorsqu'il ya attention totale. Or l'attention est gratuite, sans motif. Lorsque l'attention obéit à un mobile, est-ce encore l'attention ? Si je fais attention dans le but d'acquérir quelque chose, l'acuisition, qu'elle soit bonne ou mauvaise, n'est pas de l'attention, c'est de la distraction. C'est une division. Le bien ne peut être que lorsqu'il y a une attention d'une intégralité totale, où il n'est plus aucun éffort pour être ou ne pas être.
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# Posté le lundi 10 décembre 2007 15:35

Comment en finir avec la peur ?

Comment en finir avec la peur ?
Nous débattons ici d'une question qui suppose que vous soyez attentifs, et non en accord ou en désaccord. Il faut aborder la vie avec le maximum de rigueur, d'objectivité, de lucidité pas en fonction de nos sentiments, de nos envies, de ce qui nous plaît ou ne nous plaît pas. C'est ce qui nous plaît et nous déplait qui est à l'origine de toute cette souffrance. Et nous ne savons que dire : Comment faire pour mettre fin à la peur ? C'est un de nos grands problème en éffet, tout homme qui est incapable d'y mettre fin vivra dans les ténèbres éternelles, mais pas au sens chrétien du terme, mais au sens usuel. l'éternité d'une vie, c'est déjà suffisant. Pour moi, en tant qu'être humain, il doit y avoir une autre issue que celle de susciter en moi l'espérance d'un avenir. Puis-je, en tant qu'être humain, mettre fin à la peur, de manière absolue, et non par petits bouts ? Vous ne vous êtes probablement jamais posé la question, sans doute parce que vous ne savez pas comment sortir de cette situation. Mais si vous la posiez avec le plus grand sérieux, non pas en voulant qu'on vous dise comment faire pour y mettre fin, mais en cherchant plutôt à en comprendre la nature, les mécanismes, vous verriez alors que, dès que vous avez découvert ce qu'il en est, la peur tombe instantanément, d'elle-même, sans que vous ayez rien à faire.
Lorsque nous la percevons et que nous entrons en contact direct avec elle, l'observateur est ce qu'il observe. Il n'ya pas plus de différence entre l'observateur et la chose observée. C'est quand la peur est observée sans l'observateur que naît une action qui n'est pas celle de l'observateur agissant sur la peur

# Posté le lundi 10 décembre 2007 14:54

Modifié le lundi 24 décembre 2007 12:09